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Nathalie Marchetti : “C’est un titre qui me tient à coeur”

03 mars 2015

En t’imposant pour la troisième fois consécutivement dans le championnat A, tu prends rang parmi les “grandes” du ping belge, les Mary Detournay, Josiane Cornelis, Marie-France Germiat, Barbara Lippens, Karine Bogaerts, Cécile Ozer, Martine Hubert, Karen Opdencamp; est-ce un aboutissement ou une étape dans une progression programmée, ou à tout le moins espérée ?

C’était une victoire espérée, cela s’est vu. J’avais déjà gagné 2 fois, alors pourquoi pas une troisième fois. C’est un titre qui me tient beaucoup à cœur mais le plus important pour moi, ce serait une victoire du même style au niveau international.

 

Tes adversaires les plus difficiles, cette fois-ci et lors des éditions précédentes ?

Je n’ai pas vraiment d’adversaires plus difficiles ou plus faciles.  Dans ce genre de compétition, je dois me méfier de tout le monde et surtout rester concentrée sur mon objectif. Toutes les filles travaillent dur, que ce soit du côté néerlandophone ou francophone et une surprise peut vite arriver…

 

Lorsque tu perds quelques points de file, tu parviens à te reprendre et à retourner la situation en ta faveur; comment fais-tu ?

Si je perds plusieurs points d’affilée, c’est que je perds un peu de concentration, que je sors de la tactique ou tout simplement parce que l’adversaire a bien joué. J’essaye donc de garder ma confiance et mon sang froid en ne lâchant aucun point et en m’accrochant sur toutes les balles.

 

Par moment, tu donnes l’impression de tenter des coups techniquement difficiles (certainement réussis à l’entrainement) avec parfois l’échec; est-ce raisonnable dans ce type de compétition ?

Raisonnable, je ne sais pas. En tout cas, j’ai un jeu à risque. J’ai des coups que je maîtrise très bien, mais j’ai aussi mes failles dans le jeu. Il est donc normal que je rate plus souvent dans mon point faible. De plus, j’ai besoin d’avancer davantage dans mes balles pour avoir confiance dans mon jeu et pouvoir régler mes coups. Il ne faut pas que je retienne mes coups surtout dans une compétition comme le championnat de Belgique.

 

A 3-0, l’adversaire revient à 3-2, est-ce que c’est toi qui joues moins bien ou l’autre qui s’améliore ?

Il est vrai que je me suis un peu relâchée et la pression est surement retombée mais Lisa a très bien resserré le jeu en me forçant à rentrer dans son jeu à elle. Elle a cherché des solutions, mais j’ai gardé ma concentration au maximum.

 

En 2012, tu es une “parfaite inconnue” (sauf dans un petit cercle”) et tout-à-coup c’est la consécration en 2013 puis le triomphe (les trois titres) en 2014, sans avoir jamais été sur le podium précédemment au contraire des autres championnes du passé: quelle explication donnes-tu ?

Ma seule explication est le travail, je pense. Je travaille dur tous les jours. La première fois en 2012, c’était incroyable car personne ne s’y attendait, même pas moi ! La deuxième fois était une confirmation et maintenant, j’espère que c’est le début d’une longue série ! Même si je sais que cela ne veut rien dire, c’est peut-être aussi la dernière fois que je le serai. Je n’en sais rien. Ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas demain que j’arrêterai de travailler!

 

Tu as joué en France: pour une nouvelle progression, souhaites-tu t’expatrier ailleurs (en Allemagne par ex.) ?

Cela dépend des opportunités que j’ai en France et de ma progression. Je pense rester en France l’année prochaine mais qui sait, peut être qu’un jour, je jouerai en Allemagne. Je n’en sais rien.

 

Es-tu disposée à faire des sacrifices pour atteindre le haut niveau européen ?

Je pense qu’à partir du moment où c’est un objectif personnel et une envie, on ne peut plus appeler cela des sacrifices. Donc, oui j’y suis prête.

 

D’une manière générale, tu donnes l’impression d’être plutôt discrète (pas de grands cris de joie ou de déception); est-ce naturel ou le résultat d’une éducation au contrôle de soi-même ?

Je pense que c’est naturel. En fait, je ne m’en suis jamais rendue compte. Il est vrai que je ne suis pas du genre à m’exprimer facilement après une victoire, quelle qu’elle soit. Mais ce n’est pas pour cela que je ne ressens pas énormément de satisfaction et de soulagement !

 

 

Photos : Christophe Neuville – Le Ping Magazine. 

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